Virus du papillome humain (VPH) et condylomes génitaux

Ce dont il s’agit

Très commun, le virus du papillome humain (VPH) est transmis pendant une activité sexuelle comportant un contact peau à peau entre la personne infectée et son ou sa partenaire. La transmission peut se produire même si la personne infectée ne présente aucun signe ou symptôme de la maladie.

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Il y a plus de 100 types de VPH pouvant se propager aux organes génitaux. Au moins 13 d’entre eux peuvent causer le cancer (ils sont appelés types à haut risque).

Les types de VPH qui ne causent pas le cancer (en particulier les types 6 et 11) peuvent entraîner l’apparition de condylomes génitaux et anaux. Les condylomes génitaux sont très courants et extrêmement contagieux.

Les symptômes

Dans la plupart des cas, les personnes infectées par le VPH ne présentent pas de symptômes ou de problèmes de santé. Généralement, les infections au VPH guérissent sans traitement.

Les signes et les symptômes courants d’une infection au VPH peuvent comprendre les suivants :

  • Des démangeaisons et des condylomes génitaux causant de l’inconfort. Ces derniers peuvent être petits et ont souvent une apparence de chou-fleur.
  • Des condylomes sur la vulve (lèvres vaginales), le col de l’utérus (entrée de l’utérus), l’anus ou les cuisses ou dans la bouche (chez la femme).
  • Des condylomes sur le pénis, le scrotum, les cuisses ou l’anus ou dans la bouche (chez l’homme).
  • Les condylomes génitaux peuvent également être douloureux et donner lieu à des éruptions continues.

Quels peuvent en être les effets?

On estime que sans immunisation, trois Canadiennes ou Canadiens sexuellement actifs sur quatre contracteront le VPH au cours de leur vie.

Lorsqu’une infection au VPH n’est pas traitée ou ne guérit pas de manière spontanée, elle peut avoir des effets très graves chez certaines personnes. Elle peut mener à un cancer du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, de l’anus ou du pénis, de même que causer l’apparition de tumeurs cancéreuses dans le fond de la gorge, y compris sur la base de la langue et sur les amygdales (cancer de l’oropharynx).

Chez les gais, les hommes bisexuels et les autres hommes ayant des relations homosexuelles, le risque d’infection persistante au VPH et de condylomes génitaux est environ trois fois supérieur et le risque de cancer de l’anus quelque 20 fois supérieur à celui des hommes hétérosexuels.

Il n’y a aucune façon de savoir quelles personnes infectées au VPH seront atteintes d’un cancer ou d’autres problèmes de santé. Les personnes dont le système immunitaire est faible (y compris les personnes infectées au VIH ou ayant le sida) peuvent avoir plus de difficulté à lutter contre le VPH et être plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé liés à celui-ci.

Moyens de prévention

Il existe un vaccin protégeant contre l’infection à certains des types de VPH qui posent les risques les plus élevés pour la santé. Ce vaccin est très sécuritaire et efficace.

En Ontario, les filles et les garçons de septième année le reçoivent gratuitement dans le cadre du programme d’immunisation contre le VPH en milieu scolaire de l’Ontario.

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Le vaccin est également offert sans frais aux hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Les personnes admissibles sont les hommes de 26 ans ou moins qui se disent gais ou bisexuels, ainsi que d’autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, y compris certaines personnes transgenres. Veuillez communiquer avec votre fournisseur de soins de santé ou le bureau de santé publique de votre région pour savoir si le vaccin correspond à votre besoin.

Le vaccin contre le VPH est plus efficace lorsqu’il est administré avant que la personne inoculée devienne sexuellement active. Son administration est tout de même recommandée chez les personnes qui sont déjà sexuellement actives. Une personne qui est sexuellement active peut ne pas avoir été exposée à certains ou à tous les types de VPH présents dans le vaccin. Celui-ci offre donc toujours une certaine protection. Si vous êtes porteur d’un type de VPH, le vaccin peut tout de même vous être bénéfique, car il vous protégera contre d’autres souches du virus.

Il est important d’adopter des pratiques sexuelles sécuritaires. L’utilisation du condom réduit le risque de transmission du VPH ou des autres ITS.

Autres conseils pour minimiser les risques

  • Protégez-vous en utilisant des préservatifs sur vous-même, sur votre partenaire et même sur les jouets sexuels. Gardez à l’esprit que les régions de la peau non couvertes par le condom ne sont pas protégées et que le VPH peut être transmis pendant un contact intime peau à peau avec une personne infectée. L’utilisation d’un condom féminin peut couvrir une plus grande surface de peau. Apprenez à utiliser ce type de préservatif de manière adéquate.
  • Adressez-vous à un fournisseur de soins de santé ou à une clinique de santé sexuelle pour le retrait des condylomes sur les autres parties de votre corps.
  • Subir un test Pap de manière régulière vous assurera une détection ou un traitement précoce de toute anomalie du col de l’utérus.

Si vous découvrez que vous avez une infection au VPH, vos partenaires doivent être informé(e)s qu’ils pourraient avoir une infection, même s’ils n’éprouvent aucun symptôme. Si vous ne savez pas comment le dire à votre ou vos partenaire(s), communiquez avec une infirmière ou un infirmier-hygiéniste. L’infirmière ou l’infirmier-hygiéniste peut suggérer des moyens de gérer la situation. Votre confidentialité sera respectée.

Si vous pensez l’avoir contracté

Si vous pensez que vous avez le VPH, veuillez consulter votre fournisseur de soins de santé ou une clinique de santé sexuelle.

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Passez un test de dépistage

Chez les femmes, l’infection au VPH peut être détectée pendant le suivi effectué à la suite d’un test de dépistage du cancer du col de l’utérus (test Pap) ayant donné des résultats anormaux. Les condylomes peuvent en outre être détectés au moyen d’un examen de la peau et des parties génitales effectué par un professionnel de la santé ou une infirmière ou un infirmier-hygiéniste. Certaines personnes peuvent apprendre qu’elles sont porteuses du VPH après l’apparition de problèmes de santé plus graves liés à celui-ci, comme le cancer.

Même si vous vous sentez bien et n'avez constaté aucun condylome visible, vous pouvez quand même être porteur du virus et le transmettre à votre partenaire.

Faites-vous soigner

Actuellement, il n’y a aucun traitement pour guérir le VPH. Il en existe toutefois pour soigner les problèmes de santé que le VPH peut causer.

Les maladies liées au VPH sont plus faciles à traiter lorsqu’elles sont diagnostiquées de manière précoce. Il est toujours préférable de prévenir que de guérir.

Les condylomes sont indolores, mais leur traitement peut provoquer un inconfort. Les médicaments les plus couramment utilisés sont les onguents topiques ou l’azote liquide (« cryothérapie »). Dans certains cas, un traitement au laser ou une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Le retrait des condylomes est une intervention principalement cosmétique. Ils peuvent revenir tant et aussi longtemps que le corps n’est pas arrivé à éliminer naturellement l’infection au VPH.

Les lésions précancéreuses du col de l’utérus peuvent être traitées. Chez les femmes qui passent régulièrement un test Pap et reçoivent le suivi nécessaire, les problèmes peuvent être constatés avant que le cancer ne se manifeste.

Si vous décidez de parler à votre ou à vos partenaires vous-même, apprenez comment en parler aisément.